Autisme

L’autisme proviendrait d’une anomalie au sein des circuits cérébraux responsables des fonctions sociales. Un enfant sur 150 serait atteint d’autisme (les garçons étant quatre fois plus touchés que les filles).

Le terme autisme vient de autos (soi-même) et évoque un détachement de la réalité extérieure. C’est un trouble du développement qui se caractérise par des symptômes très variés parmi lesquels le défaut d’interaction de la personne atteinte avec son environnement social est toujours présent. Les systèmes cérébraux qui traitent les informations sensorielles dévoilent une anomalie qui conduit l’enfant autiste à réagir de façon inadéquate (trop ou pas assez) aux stimuli extérieurs. On parle de triade autistique qui comprend :

  • des interactions sociales inadaptées,
  • une altération qualitative de la communication (le langage est retardé, voire absent),
  • un caractère restreint, répétitif ou stéréotypé des comportements, des intérêts ou des activités.

L’autisme ne semble pas être un problème global, mais plutôt une anomalie au sein des circuits cérébraux responsables des fonctions sociales, particularité qui entraine un sévère trouble socio-communicatif. Cette singularité diminue la capacité d’attribuer des intentions aux autres personnes : se mettre à la place des autres pour comprendre leurs réactions et comportements, avoir accès à la pensée abstraite et à la théorie de l’esprit. L’autisme est souvent assimilée à un handicap mental or, s’il est vrai qu’une partie des autistes ont une déficience intellectuelle, ce n’est pas le cas de tous. En effet, un enfant autiste peut avoir une intelligence de faible à supérieure : entre 30 et 70% des personnes touchées n’auraient pas de handicap mental. La plasticité de cette fourchette permet d’avoir un espoir sur le potentiel réel des autistes. La prévalence de l’ensemble des troubles du spectre autistique (TSA) est estimée à environ 1 cas sur 150. Ce syndrome touche davantage les garçons que les filles (4 garçons atteints pour 1 fille). Le nombre de TSA est en augmentation. Il est possible que cela résulte du fait que les outils de dépistage sont plus performants qu’auparavant. Cependant, des facteurs environnementaux tels que l’industrialisation de l’alimentation (additifs alimentaires, métaux lourds, pesticides, etc.) ainsi que certains vaccins sont incriminés mais aucune étude n’a validé ces hypothèses.

Sous-types sociaux du spectre autistique

Des chercheurs ont distingué des sous-groupes de comportements sociaux au sein de l’autisme et les ont classifiés. Ce faisant, ils ont remarqué qu’il y avait un lien entre le sous-groupe d’appartenance et le niveau d’intelligence des autistes considérés.

Le groupe retiré

C’est le groupe que l’on relie le plus fréquemment à l’autisme. Les autistes de ce groupement ont, dans la plupart des cas, un handicap mental allant de léger à sévère en sus de leur autisme. Ils semblent être indifférentes aux autres et exécutent des gestes et des rituels stéréotypés.

Le groupe passif

Ce groupe rassemble souvent des cas atypiques d’autismes, tellement atypiques d’ailleurs, qu’ils ne sont pas toujours diagnostiqués. Les autistes de ce groupement prennent rarement l’initiative du contact mais acceptent passivement la présence des autres. Ils communiquent difficilement avec les autres et ont des capacités réduites d’abstraction moins marquées que le groupe retiré.

Le groupe actif mais bizarre

C’est un groupe dans lequel, contrairement à l’image que l’on a couramment de l’autisme, les personnes atteintes prennent l’initiative du contact. Néanmoins, la façon dont elles le font peut être qualifiée d’étrange, inadéquate ou naïve. La volonté de contact est alors souvent unilatérale. Les autistes appartenant à ce sous-groupe parlent très vite mais avec un vocabulaire pauvres et ils se cantonnent à des sujets restreints (dinosaures, voitures, ordinateurs, trains, etc.) pour leur discussions et leurs jeux. Ils ont des difficultés à faire la distinction entre la réalité et l’imaginaire. Des troubles de comportement comme de l’agressivité, de l’anxiété ou même des attaques de panique sont observés lorsque l’on tente de leur faire changer d’activité. Dans ce sous-groupe, les personnes sont plus souvent perçues comme têtues, asociales ou caractérielles plutôt que comme autistes. On y retrouve des personnes douées d’une intelligence moyenne à élevée, y inclus des personnes atteintes du syndrome d’Asperger.

Le groupe pompeux

Ce sous-groupe est constitué essentiellement d’autistes de haut niveau ainsi que des personnes atteintes du syndrome d’Asperger. Bien que ces personnes aient eu des problèmes d’intégration sociale dans la petite enfance, leur capacité de compensation et de camouflage fait que l’on remarque moins leur trouble relationnel une fois qu’elles atteignent l’âge adulte.

Déficit d’attention conjointe: ne fait pas participer les autres à ses constatations, comme le font d’habitude les enfants. Par exemple, s’il regarde un jouet, cela ne lui viendra pas à l’esprit d’intégrer sa mère à ses observations en disant : « maman, regarde mon dinosaure ».
Attachement aux routines: est réfractaire aux changements parce qu’ils provoquent chez lui une importante anxiété. Ce désir d’immuabilité peut être très contraignant pour son entourage. Il peut exiger que les mêmes objets restent aux mêmes places ou faire des crises si un détail d’une des routines auxquelles il tient, est modifié.
Jeux à tendance obsessionnelle : façon mécanique de jouer, en alignant sans fin des objets ou en les classant par couleur. Peut être fasciné par les objets en rotation (un ventilateur, une hélice d’hélicoptère, les aiguilles d’une horloge, etc.).
Stéréotypes gestuels : tendance à accomplir inlassablement des gestes identiques (battements de mains, de bras, sautillements, allumage et extinction répétitifs de la lumière, balancements, etc.). Certains autistes se sécurisent dans des situations stressantes pour eux par une stéréotypie (un enchaînement de mouvements qui leur est propre ou une curieuse habitude comme le flairage : l’enfant semblant chercher à identifier son environnement par l’odorat).
Intérêts restreints : s’intéresse à peu de domaines ou de jouets différents. Fait peu recours aux jeux symboliques.
Hypersensibilité : perception sensitive aux stimuli tactiles et auditifs plus forte que la moyenne des gens, à tel point que ceux-ci le rendent souvent irritable.
Insensibilité à la douleur : ne ressent pas autant la douleur que les autres. Il peut donc régulièrement se mettre en danger et cela d’autant plus qu’il ne retiendra pas ses mauvaises expériences d’une fois à l’autre (s’il se brûle avec une casserole, il pourra se rebrûler dans les mêmes circonstances parce qu’il n’aura pas gardé en mémoire l’épisode précédent).
https://troublesdapprentissage.com/autisme/Tendance à l’isolement : peut sembler ne pas entendre, « être dans son monde ». Ne ressentant pas les stimulations extérieures de la même manière que les autres, il a besoin de s’isoler lorsqu’elles sont trop importantes.
Faibles contacts avec autrui : grandes difficultés à regarder quelqu’un dans les yeux. Etablit peu, voire pas, de contact avec les autres (visuels, oraux, physiques). Les codes sociaux tels que les sourires ou les regards sont peu significatifs pour lui.
Conversations «solitaires»: tendance à parler tout seul ou à ne pas écouter ses interlocuteurs.
Concentration inadéquate : porte peu d’attention aux choses importantes de son environnement, ce qui nuit à ses apprentissages et l’empêche de résoudre certains problèmes de la vie courante.
Manque d’empathie: incapacité d’empathie, ne peut pas se mettre à la place des autres. Ne parvient pas à imiter quelqu’un ce qui le handicape beaucoup dans ses apprentissages puisque c’est souvent « en reproduisant » qu’un enfant apprend.
Anomalies de langage : donne souvent des réponses stéréotypées qui peuvent étonner, ou même, répéter ce qu’il vient de dire (écholalie). Parle souvent de lui à la troisième personne : il au lieu de je.
Notion d’abstraction faible, voire inexistante : prend littéralement les choses ou les expressions.
Intérêt plus marqué pour les objets inanimés : est plus facilement attiré par un objet que par une personne mobile.
Défaillance en reconnaissance faciale : un bébé autiste ne reconnaît souvent pas la photo représentant le visage de sa mère, alors qu’il peut distinguer parmi plusieurs images de jouets connus et inconnus, ceux qui lui sont familiers.
Aptitudes particulières : près de 10% des autistes auraient des capacités nettement plus élevées que la moyenne des gens. Les autistes ont, par exemple, plus fréquemment « l’oreille absolue» que le reste de la population. L’oreille absolue est la faculté pour quelqu’un de pouvoir identifier une note musicale en l’absence de référence. C’est un phénomène complexe qui nécessite à la fois une mémoire de la valeur de chaque fréquence et une aptitude à discriminer les différences de fréquence les plus fines. Daniel Tammet, un autiste Asperger anglais a, quant à lui, notamment développé son don des langues (il en parle 12 couramment dont l’islandais appris en une semaine) et a exploité son attrait pour les chiffres (il peut notamment réciter par coeur plus de 22’000 décimales du nombre Pi).
Automutilation : peut s’infliger volontairement des blessures d’intensité variable.
Phobies alimentaires : peut passer par des phases où il ne voudra manger qu’un ou quelques aliments spécifiques et exige souvent certains rituels pour les accepter.

Il semblerait que l’autisme soit la résultante de plusieurs facteurs agissant simultanément. Une origine génétique a pu être établie et il est probable que d’autres facteurs, notamment biochimiques, impliquant les neurotransmetteurs, seraient aussi en cause. Un déficit en ocytocine (hormone synthétisée par l’hypothalamus, appelée autrefois hormone de l’amour) a également été observé chez des personnes atteintes de troubles autistiques. En ce qui concerne l’origine génétique de l’autisme, il semble acquis qu’il n’y a pas « un » gène de l’autisme mais bien plusieurs qui sont en cause et qu’il faudra du temps pour les découvrir tous. Pour le moment, ce sont les régions chromosomiques 7q31-q33, 15q11-q13 et Xq22-2 qui semblent être le plus impliquées dans ce trouble. En outre, des personnes atteintes d’autisme ont parfois également des problèmes digestifs d’origine génétique (difficulté à digérer les produits laitiers, le sucre et le blé), qui peuvent être soit une cause, soit un effet de leur pathologie.

Hérédité

Lorsque l’on diagnostique des troubles autistiques chez un enfant, on retrouve souvent des comportements présentant des similitudes (colères incontrôlées, difficultés de regarder quelqu’un dans les yeux, trouble de langage dans la petite enfance, par exemple) chez des membres ascendants de la famille, en particulier masculins (pères, grands-pères …).

Sexe

L’autisme touche majoritairement les garçons (4-5 garçons pour 1 fille atteinte).

Niveaux de noradrénaline et de sérotonine

Les taux de noradrénaline et de sérotonine (neurotransmetteurs participant à la transmission de l’influx nerveux) sont généralement plus élevés que la moyenne chez les enfants atteints d’autisme.

L’autisme sans handicap mental est difficile à déceler car les enfants atteints utilisent leur intelligence pour compenser une partie de leurs déficits. Ils font, par exemple, semblant de se désintéresser des domaines pour lesquels ils n’ont pas de bonnes aptitudes ou, aussi, tendent à répondre de la façon qu’ils devinent être attendue d’eux (imitation des autres sans ressenti de leur part).

Pour un dépistage précoce, le test de M-Chat ou le listing des signes d’alerte de Filipek peuvent être utilisés sans formation spécifique.

D’autres outils sont à disposition pour établir un diagnostic : ADI et ADOS-G , CARS et PEP–R.

En ce qui concerne le test de Quotient Intellectuel (QI), le sous-test de compréhension est souvent le moins réussi par les enfants atteints d’autisme et celui de l’indice de raisonnement perceptif des cubes est celui où ils réalisent généralement les meilleurs scores. Souvent, mais pas nécessairement, car les autistes ont une grande hétérogénéité d’aptitudes. Ainsi, un autisme de haut niveau et un syndrome d’Asperger ne se remarquent pas dans les tests de QI.

Le diagnostic est habituellement établi par un pédopsychiatre ou un psychiatre.

L’autisme avec handicap mental ainsi que l’autisme syndromique sont généralement diagnostiqués rapidement, les symptômes étant plus importants (stéréotypies, comportement social fortement inadéquat…).

 

autisme syndromique
Autisme syndromique

Selon le degré des difficultés que rencontre l’enfant, il faut faire appel à des techniques différentes. Une fois le diagnostic établi, il est conseillé de s’informer sur les nouvelles méthodes mises en place car elles sont en perpétuelle évolution.

Considérer des enseignements spécifiques tels que :

  1. L’ABA (Applied Behavior Analysis). C’est un programme visant à une modification du comportement ainsi qu’au développement de compétences des enfants atteints d’autisme. Cette technique se divise en un enseignement structuré, similaire à un apprentissage scolaire classique, décomposé en séances répétées en successions rapides jusqu’à ce que l’enfant réussisse à répondre correctement sans aide particulière et un enseignement dit incidental qui s’applique partout (à l’école, à la maison…) et n’importe quand. Les parents d’autistes estiment le plus souvent que cette technique donne des résultats encourageants, en particulier sur les troubles du comportement
  2. Le PECS (Picture Exchange Communication System). Ce système utilise un support d’images pour tenter d’améliorer le niveau de communication et la qualité des relations sociales. Cette méthode a pour avantage de prendre en compte le fait que les autistes ont une pensée plus visuelle que verbale.
  3. Le TEACCH (Treatment and Education of Autistic and related Communication handicapped CHildren). Cette méthode met l’accent sur l’individualisation : les formateurs prennent les centres d’intérêt et les besoins de l’autiste concerné comme point de départ du traitement afin de lui permettre de progresser. Les objectifs du TEACCH sont essentiellement d’aider la personne autiste à devenir plus consciente de son environnement et de développer son autonomie.

Dans les cas d’autismes les plus sévères, voir avec les thérapeutes si des présentations ralenties des mouvements et de la parole seraient bénéfiques (notamment par le biais d’un ralentissement par ordinateur des stimuli visuels et auditifs au sein de jeux, d’exercices ou de scénarios sociaux).
Ces méthodes doivent s’inscrire dans une prise en charge globale de l’enfant et être appliquées par des professionnels spécialement formés pour ce type d’enseignement.

Médicaments: avant d’envisager un traitement médicamenteux, il faudrait vérifier si l’enfant atteint d’autisme n’a pas d’allergies ou d’intolérances alimentaires. De même, il faudrait prendre en considération d’éventuelles carences en magnésium, en vitamine B6 et en zinc et chercher à les palier avant de considérer une prise de remèdes plus conséquents. Ensuite, si un traitement médicamenteux semble être indiqué, il faut soigneusement en étudier les avantages et les inconvénients car les médicaments prescrits dans le cadre de l’autisme sont rarement anodins. Certains ont d’ailleurs été retirés du marché. A l’heure actuelle c’est l’Haldol, un neuroleptique, qui est souvent administré pour ce type de pathologie.
Des traitements hormonaux (sécrétine, mélatonine) donnent parfois de bons résultats. De l’ocytocine diffusée par spray nasal semblerait avoir des effets bénéfiques significatifs sur les capacités à communiquer de certains autistes, cependant, les effets secondaires éventuels de ce traitement n’ont pas encore été étudiés.
Sans gluten

Une éviction stricte du gluten et de la caséine du régime alimentaire pourrait avoir des effets profitables dans certains cas. Pour pouvoir estimer si cela donne des résultats positifs sur l’enfant, il faut suivre ce régime pendant une période d’au moins 3 mois. Un régime sans caséine doit être suivi sous contrôle médical car il implique la suppression totale des produits laitiers, particulièrement riches en calcium et en vitamine D.
Tenter de trouver ce qui capte l’intérêt de l’enfant afin de l’utiliser comme point de départ pour l’orienter vers d’autres domaines d’intérêt. Les obsessions ont leur raison d’être, il ne faut pas les ignorer mais plutôt essayer de diversifier les centres d’intérêt dès qu’il y a une ouverture possible.
Utiliser le sens du toucher pour favoriser les apprentissages.
Prévoir un coin réservé exclusivement à l’enfant, coin dans lequel il peut se sentir en sécurité et se réfugier quand il se sent menacé.
Essayer de garder un environnement stable et ordonné pour l’enfant et installer des routines qui le sécurisent.
Si l’enfant s’intéresse aux animaux, envisager de faire des Zoothérapieséances de zoothérapie qui peuvent avoir un effet bénéfique sur l’apprentissage de la communication ou également, penser à adopter un animal domestique (si la charge que cela implique n’est pas trop lourde pour la famille en terme de travail supplémentaire et de stress).
A la fin d’une journée d’école, prendre l’habitude de passer en revue les menus incidents/anecdotes et s’étendre sur des questions telles que « comment était l’ambiance à la récréation ou à la cantine » afin d’éviter de laisser s’installer des malaises sociaux.

C’est dans les cas d’autismes liés à des retards mentaux sévères que l’on remarque le plus d’associations avec d’autres troubles.

Environ 10% des autismes sont associés à d’autres troubles (essentiellement d’origine génétique) :

le trouble d’attention avec ou sans hyperactivité
la sclérose tubéreuse de Bourneville
le syndrome du X fragile (5%)
le syndrome de Prader-Willi
le syndrome d’Angelman
le syndrome de Williams
le syndrome de Down.
Il est donc important d’établir un bilan génétique lorsque l’on se trouve en présence d’un trouble du spectre autistique. Des troubles du métabolisme telle que la phénylcétonurie sont aussi observés. De ce fait, il est aussi nécessaire d’effectuer un bilan métabolique incluant un examen des acides aminés et des anomalies protéiques. Environ 35% des enfants autistes souffrent d’épilepsie.

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